Question posée lors du conseil municipal du 24 juin 2026
RĂ©sumĂ© : En fĂ©vrier 2025, Monsieur le Maire s’Ă©tait engagĂ© Ă publier sur le site de la Ville les tableaux de rentabilitĂ© des investissements rĂ©alisĂ©s dans le photovoltaĂŻque, afin qu’ils soient « consultables par tous les Lambersartois ».
Quatre mois plus tard, ces documents n’ayant toujours pas Ă©tĂ© publiĂ©s, je l’ai relancĂ© lors du conseil municipal. Je lui ai demandĂ© de prĂ©senter aux Ă©lus un document dĂ©taillĂ© et chiffrĂ© permettant de vĂ©rifier prĂ©cisĂ©ment la rentabilitĂ© des dĂ©penses engagĂ©es dans le photovoltaĂŻque.
Monsieur le Maire n’a pas rĂ©pondu directement Ă ma question et a laissĂ© la parole Ă son 9e adjoint, dĂ©lĂ©guĂ© aux travaux. Celui-ci n’a pas davantage prĂ©sentĂ© les tableaux de rentabilitĂ© demandĂ©s. Il a prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©velopper une long monologue qui, au final, n’a pas permis de dĂ©montrer la rentabilitĂ© des dĂ©penses rĂ©alisĂ©s par la commune de Lambersart dans le photovoltaĂŻque.
Vous pouvez lire ci-dessous tous les détails un extrait du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 24 juin 2026 consacré à cette question :
Faudra-t-il attendre 31 ans pour rentabiliser les dépenses dans les économies d’énergie ?
Vidéo Youtube : question sur la rentabilité réelle du photovoltaique
Extrait du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 24 juin 2026 :
– Question Ă©crite par M. Gontran Guns : Faudra-t-il attendre 31 annĂ©es pour rentabiliser les investissements en Ă©conomie d’Ă©nergie ?
Dans le magazine municipal « Lambersart Info » de juin, vous consacrez 3 pages à votre politique énergétique.
Ă€ la page 7, vous indiquez que 8 millions d’euros ont Ă©tĂ© investis ces dernières annĂ©es dans diffĂ©rents Ă©quipements et amĂ©nagements : panneaux photovoltaĂŻques, isolation des bâtiments, vĂ©hicules Ă©lectriques, rĂ©seau de chaleur et modernisation de l’Ă©clairage public.
Ă€ la page 9, vous Ă©crivez :  » Depuis 2020, la consommation d’eau, de gaz et d’Ă©lectricitĂ© est en baisse partout. Qu’en aurait-il Ă©tĂ© si Lambersart n’avait pas pris le taureau par les cornes en investissant massivement dans le photovoltaĂŻque, l’isolation, l’Ă©clairage public, etc. ? ».
Puis, « chiffres Ă l’appui », vous indiquez que : – concernant l’Ă©lectricitĂ©, depuis 2019, la facture a augmentĂ© de 5% mais qu’elle aurait « progressĂ© de 37% si la Ville n’avait pas investi ».
Le graphique prĂ©sentĂ© permet d’estimer que l’Ă©conomie ainsi rĂ©alisĂ©e est de 141.633 euros – concernant le gaz, « la facture s’est alourdie depuis 2019, de 6% », mais qu’elle « aurait augmentĂ© de 55% si la Ville n’avait pas investi ».
Le graphique prĂ©sentĂ© permet d’estimer que l’Ă©conomie ainsi rĂ©alisĂ©e est de 110.038 euros.
Sur ces bases, il est possible d’estimer que les Ă©conomies annuelles ainsi revendiquĂ©es reprĂ©senteraient 251.671 euros sur l’annĂ©e 2025.
RapportĂ©e aux 8 millions d’euros d’investissements annoncĂ©s, cette Ă©conomie correspond Ă un temps de retour brut de l’ordre de 31 ans, avant prise en compte des coĂ»ts d’entretien, de renouvellement des Ă©quipements et de l’Ă©volution future des prix de l’Ă©nergie.
Dans un souci de transparence et de bonne gestion des deniers publics, pourriez-vous prĂ©senter au conseil municipal un document dĂ©taillĂ© et chiffrĂ© permettant de contrĂ´ler prĂ©cisĂ©ment la rentabilitĂ© de ces 8 millions d’euros d’investissements ?
Ce document pourrait notamment faire apparaître :
– le montant prĂ©cis et dĂ©taillĂ© des investissements rĂ©alisĂ©s par opĂ©ration,
– la ventilation de ces investissements entre photovoltaĂŻque, isolation, rĂ©seau de chaleur, Ă©clairage public, vĂ©hicules Ă©lectriques et autres actions,
– le comparatif entre les budgets prĂ©visionnels et les coĂ»ts rĂ©ellement engagĂ©s,
– les coĂ»ts d’entretien, de maintenance et de renouvellement dĂ©jĂ supportĂ©s ou prĂ©visionnels,
– les Ă©lĂ©ments pris en compte et le mode de calcul pour Ă©valuer Ă 37% et Ă 55% les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es respectivement sur les factures d’Ă©lectricitĂ© et de gaz si ces investissements n’avaient pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s.
– les Ă©conomies financières annuelles rĂ©ellement constatĂ©es et celles projetĂ©es pour les annĂ©es Ă venir.
Ce document permettra aux Ă©lus comme aux Lambersartois de disposer d’une Ă©valuation objective et complète du nombre d’annĂ©es nĂ©cessaire pour rentabiliser cet investissement de 8 millions d’euros.
Ci-dessous, la rĂ©ponse sous forme de long monologue du 9e adjoint dĂ©lĂ©guĂ© aux travaux. Il ne rĂ©pond pas Ă ma demande : prĂ©senter un document chiffrĂ© permettant de dĂ©montrer la rentabilitĂ© des investissements rĂ©alisĂ©s dans le photovoltaĂŻque. Et pour cause : la Ville n’a rĂ©alisĂ© aucun tableau de suivi de la rentabilitĂ© ni du retour sur investissement de ces dĂ©penses…
– M. Fouad Laoutid remercie M. Guns pour sa question, qui permet d’apporter des prĂ©cisions sur les travaux rĂ©alisĂ©s dans diffĂ©rents bâtiments de la commune. Il est indiquĂ© que les 8 millions d’euros mentionnĂ©s ne concernent pas uniquement le photovoltaĂŻque, mais l’ensemble des travaux effectuĂ©s dans les bâtiments municipaux. La prĂ©occupation sous-jacente Ă l’intervention de M. Guns est comprise, car il est lĂ©gitime de s’interroger sur l’utilisation des deniers publics lorsque des sommes importantes sont engagĂ©es. Une rĂ©ponse est proposĂ©e pour apporter des Ă©claircissements, mais une prĂ©cision mĂ©thodologique est d’abord apportĂ©e, car un Ă©lĂ©ment de raisonnement semble influencer les conclusions tirĂ©es des chiffres prĂ©sentĂ©s. Les 8 millions d’euros d’investissement dans les bâtiments amènent M. Guns Ă conclure que ces dĂ©penses seraient amorties en 32 ans grâce Ă l’installation de 800 000 euros de photovoltaĂŻque. Il est soulignĂ© qu’une telle approche ne tient pas compte du fait qu’une partie importante de ces 8 millions relève de l’entretien, de la sĂ©curisation et de la prĂ©servation du patrimoine communal. Parmi ces travaux figurent des rĂ©novations de toitures, qui ne visent pas uniquement Ă rĂ©duire la facture Ă©nergĂ©tique. Des exemples concrets sont citĂ©s : les toitures des Ă©coles Samain (237 k€), Watteau (103 k€), Louise-de-Bettignies (160 k€) et Perrault (102 k€) n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©novĂ©es dans une optique de rentabilitĂ© financière. Il en va de mĂŞme pour la halle de sports Norbert-Segard (435 k€) ou la salle Georges-Delfosse, dont la toiture menaçait de s’effondrer et a Ă©tĂ© rĂ©novĂ©e pour 713 k€. L’objectif premier de ces interventions est d’offrir aux enfants, aux enseignants et aux associations des bâtiments sĂ»rs, confortables et pĂ©rennes, d’éviter les infiltrations d’eau, les problèmes de tempĂ©rature et de prĂ©server le patrimoine pour les gĂ©nĂ©rations futures. Ces travaux de toitures, reprĂ©sentant 1 786 000 euros, ont Ă©tĂ© financĂ©s Ă hauteur de 40 % par des subventions. Il est prĂ©cisĂ© que si la motivation Ă©tait uniquement financière, ces dĂ©penses n’auraient pas Ă©tĂ© engagĂ©es. D’autres exemples illustrent cette logique : la rĂ©fection de la toiture de l’église Saint-SĂ©pulcre (322 k€) ne rĂ©pond pas Ă une logique de rentabilitĂ©, mais Ă une responsabilitĂ© de prĂ©servation du patrimoine commun. De mĂŞme, la rĂ©novation de la salle de spectacle Malraux (680 k€), incluant de nouveaux gradins, une installation Ă©lectrique refaite, des loges et un pont scĂ©nique modernisĂ©s, ainsi que le remplacement des menuiseries et la rĂ©novation du hall d’accueil, ne se mesure pas en termes de retour sur investissement financier, mais en qualitĂ© d’accueil, de confort pour les artistes et les spectateurs, et en possibilitĂ©s offertes par cet Ă©quipement. La rĂ©novation de la toiture de la garderie Chaudoudoux (203 k€) vise le confort des enfants, tandis que l’extension de l’école La Fontaine (1 100 k€) et la construction d’un nouveau restaurant scolaire (plus de 3,5 millions d’euros) permettent aux enfants de se restaurer dans de bonnes conditions. Ces investissements ne constituent pas des placements financiers, mais des amĂ©liorations du service public rendu aux citoyens. Il est soulignĂ© qu’attendre qu’un investissement « rapporte » pour entretenir une Ă©cole, une salle de sport ou un bâtiment communal reviendrait Ă rĂ©duire l’action publique Ă une logique purement comptable, ce qui ne correspond pas Ă la vision partagĂ©e par les participants. Une fois ces Ă©lĂ©ments Ă©tablis, les investissements dont la vocation première est de rĂ©duire la facture Ă©nergĂ©tique sont abordĂ©s. Pour ceux-ci, le retour sur investissement est un critère lĂ©gitime, et la municipalitĂ© l’assume pleinement. Cependant, cette logique de rentabilitĂ© est appliquĂ©e avec sĂ©rieux, ce qui explique que des panneaux photovoltaĂŻques ne sont pas installĂ©s n’importe oĂą ou dans n’importe quelles conditions. L’exemple de l’école Watteau est citĂ© : en raison de l’orientation du bâtiment, seule la toiture donnant sur la rue KlĂ©ber Ă©tait favorable Ă une installation photovoltaĂŻque. Toutefois, les Architectes des Bâtiments de France imposaient l’utilisation de panneaux rouges, plus coĂ»teux et moins performants que les panneaux standards. Dans ces conditions, l’investissement n’a pas Ă©tĂ© jugĂ© pertinent, et l’installation photovoltaĂŻque a Ă©tĂ© abandonnĂ©e, bien que la rĂ©fection de la toiture ait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. La question de l’opportunitĂ© des dĂ©penses et du retour sur investissement est approfondie en posant une autre question : quel aurait Ă©tĂ© le coĂ»t de l’inaction ? Les pourcentages mentionnĂ©s dans Lambersart Info concernant l’augmentation de la facture Ă©nergĂ©tique en l’absence d’actions (37 % pour l’électricitĂ© et 55 % pour le gaz) sont repris, mais des calculs actualisĂ©s sont prĂ©sentĂ©s. Sans aucune action entreprise, la consommation Ă©lectrique de 2019, payĂ©e au prix de 2025, aurait coĂ»tĂ© 717 000 euros au lieu de 488 000 euros, soit une augmentation de 230 000 euros (+47 % et non +37 %). Pour le gaz, la consommation de 2019, payĂ©e au prix de 2025, aurait coĂ»tĂ© 470 000 euros au lieu de 240 000 euros, soit une augmentation de 230 000 euros. Ces calculs diffèrent de ceux de M. Guns, car ils sont basĂ©s sur les prix actuels et non sur ceux de 2019. En 2019, le mĂ©gawattheure Ă©lectrique coĂ»tait environ 34-35 euros, contre 105 euros en 2025 et jusqu’à 356 euros en 2022. En appliquant ces tarifs aux consommations actuelles, l’inaction aurait entraĂ®nĂ© une dĂ©pense supplĂ©mentaire de près de 470 000 euros en 2025, uniquement pour le gaz et l’électricitĂ©. Sur les annĂ©es 2023, 2024 et 2025, ce montant aurait atteint 1,6 million d’euros. Pour l’éclairage public, la consommation de 2019, payĂ©e au prix de 2025, aurait coĂ»tĂ© 370 000 euros au lieu de 170 000 euros, soit une augmentation de près de 200 000 euros. Ces rĂ©sultats sont le fruit d’une stratĂ©gie cohĂ©rente et diversifiĂ©e. Les 800 000 euros de panneaux photovoltaĂŻques ne reprĂ©sentent qu’une partie des actions engagĂ©es. InstallĂ©s sur huit sites, ces panneaux ont Ă©tĂ© financĂ©s Ă 45 % par des subventions, rĂ©duisant le coĂ»t net pour la ville Ă 450 000 euros. En 2025, ils produisent 416 mĂ©gawattheures, dont 97 % sont autoconsommĂ©s, couvrant 20 % de la consommation Ă©lectrique de la commune. Le gain estimĂ© en 2025, basĂ© sur une moyenne des prix du marchĂ© (350 euros et 105 euros le mĂ©gawattheure), s’élève Ă 90 000 euros. En 2023, avec une consommation de 118 mĂ©gawattheures, le gain Ă©tait de 40 000 euros. Au total, les panneaux ont permis d’économiser 130 000 euros. Le reste Ă charge pour la ville s’élève Ă 320 000 euros. En prenant le prix du mĂ©gawattheure en 2026, l’amortissement des panneaux photovoltaĂŻques serait rĂ©alisĂ© en sept ans. Cependant, si le prix du mĂ©gawattheure remontait Ă 350 euros, cet amortissement ne prendrait que deux ans et demi. Il est prĂ©cisĂ© qu’un amortissement sur sept ans avec un prix Ă 100 euros est prĂ©fĂ©rable Ă un retour Ă 350 euros, car cela Ă©viterait des dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques excessives. Grâce aux diffĂ©rentes actions entreprises, la consommation annuelle d’électricitĂ© a diminuĂ© depuis 2019, et la facture d’électricitĂ© a baissĂ© de 350 000 euros en 2025 par rapport Ă 2024, en raison de la rĂ©duction de la consommation et du changement de marchĂ©. Concernant l’isolation et les menuiseries, d’anciennes fenĂŞtres en simple vitrage ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par des menuiseries Ă triple vitrage dans plusieurs bâtiments, dont les Ă©coles Samain et Watteau, pour un investissement total de 1 878 000 euros, partiellement subventionnĂ©. Ces travaux, combinĂ©s Ă une gestion plus rigoureuse du chauffage (consigne Ă 19 degrĂ©s) ont permis cette diminution.
– M. le Maire remercie et invite M. Guns Ă poser sa deuxième question.
– M. Gontran Guns rĂ©pond en indiquant que la rĂ©ponse apportĂ©e ne correspond pas Ă sa question initiale.
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