PISCINE, l’accessibilité et le stationnement en question

Vue arrière du stade Norbert-Ségard à Lambersart, avec au premier plan le terrain enherbé non imperméabilisé sur lequel la mairie envisage de construire une nouvelle piscine.
Le terrain enherbé situé à l'arrière du stade Norbert-Ségard, où la municipalité envisage la construction d'une nouvelle piscine.

Question posée lors du conseil municipal du 24 juin 2026

Résumé : Le projet de construction d’une nouvelle piscine sur les espaces verts de la plaine du COSEC à Lambersart suscite des inquiétudes chez de nombreux habitants du quartier. Ils estiment notamment que le site et ses voies d’accès ne sont pas adaptés pour accueillir le trafic automobile et les bus qu’engendrerait la fréquentation de cette nouvelle piscine publique, dans un secteur essentiellement résidentiel.

La municipalité ne semble toutefois pas partager leurs préoccupations et considère que le projet ne présente pas de difficulté particulière…

On peut également s’interroger sur l’opportunité de rénover la piscine existante (dans le quartier du Bourg) plutôt que d’en construire une nouvelle. Cette solution pourrait-elle être moins coûteuse ? Sans présenter la moindre étude comparative chiffrée, l’adjoint aux sports écarte pourtant cette possibilité et répond par la négative…

Projet de construction d’une nouvelle piscine à Lambersart sur la plaine du COSEC

Vidéo Youtube : inquiétudes sur le projet de construction d’une nouvelle piscine

Extrait du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 24 juin 2026 :

Questions écrites de la part de M. Gontran Guns :
1) Vous avez récemment réaffirmé dans la « Voix du Nord » votre souhait de voir construire, à moyen ou long terme (+/- 10 ans), une nouvelle piscine sur le site du parc de la Plaine Norbert-Ségard.
Or, ce secteur connaît déjà des difficultés récurrentes de stationnement lors des manifestations sportives organisées à la salle omnisports Norbert-Ségard.
À ces occasions, les places disponibles sont insuffisantes et de nombreux véhicules stationnent sur les trottoirs, les accotements ou les espaces verts, compliquant la circulation, gênant les déplacements des piétons et dégradant certains aménagements paysagers.

L’implantation d’une piscine à cet en droit entraînerait nécessairement des flux supplémentaires de visiteurs et de véhicules.
Ceci soulève donc la question de son impact sur les conditions de circulation et de stationnement dans ce quartier.
Par ailleurs, la réalisation d’une nouvelle piscine sur ce site conduirait à artificialiser et imperméabiliser de nouvelles surfaces, alors même que la préservation des sols non imperméabilisés constitue un enjeu environnemental majeur.
Pourriez-vous plutôt envisager de faire rénover la piscine existante située allée du Béguinage ?
Une rénovation de la piscine existante ne constituerait-elle pas une option plus économique pour les finances publiques tout en limitant l’artificialisation de nouveaux espaces ?


2) Toujours au sujet de votre projet de construction d’une nouvelle piscine, vous indiquez dans « La Voix du Nord » du 25 mai 2026 avoir officiellement saisi le président de la Métropole Européenne de Lille afin que ce projet puisse être inscrit au futur plan piscines de la MEL.
L’article précise que vous avez adressé « un courrier sollicitant une inscription au plan piscines de la MEL, soutenu par les maires de Lompret et de Verlinghem ».
Pourriez-vous nous communiquer une copie de ce courrier ainsi que l’éventuelle réponse donnée par la MEL ?

Réponse des adjoints au maire délégués aux sports et à l’urbanisme :

M. Thomas Hubert remercie ses collègues pour leurs questions et aborde l’opportunité d’investir dans la construction d’une nouvelle piscine à Lambersart. Une réponse est apportée à M. Schmitt, en fournissant des éléments contextuels pour justifier ce choix. Un rappel historique est effectué : la piscine Tournesol a été construite en 1974, dans le cadre du programme « 1000 piscines » lancé en 1969 par le secrétaire d’État chargé de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs. Ce programme visait à développer l’apprentissage de la natation, suite aux mauvais résultats des nageurs français aux Jeux olympiques de 1968 et à deux accidents dramatiques survenus durant l’été 1969. Entre 600 et 700 piscines de types variés (« iris », « plein ciel », « caneton » et « tournesol ») ont été construites, dont 183 du modèle « tournesol », lauréat de deux concours d’idées. Aujourd’hui, seules quelques-unes subsistent en France, dont celle de Lambersart, conçues pour une durée de vie initiale d’une vingtaine d’années. Ces piscines, construites avec des matériaux peu coûteux et de faible qualité, se détériorent rapidement et présentent des performances énergétiques très médiocres, devenant des passoires thermiques en hiver et des espaces surchauffés en été. En 2026, le constat est sans appel : l’entretien de cette piscine coûte plus de 1 000 euros par jour, soit environ 400 000 euros par an, avec un confort d’utilisation très relatif, notamment en hiver. Les retours des usagers en témoignent dès la fin de la période estivale. Par ailleurs, les pannes matérielles entraînent désormais des fermetures temporaires quasi hebdomadaires, comme celle survenue la veille. Il est souligné qu’il n’est pas possible de moderniser un équipement aussi vétuste et de piètre qualité sans engager des dépenses importantes, comparables à celles d’une construction neuve. Chaque investissement de réparation s’apparente à un « plâtre sur une jambe de bois » ou à un «coup d’épée dans l’eau ». Malgré ces coûts, la municipalité assume pleinement l’utilité de cet équipement pour un enjeu essentiel : le savoir-nager, considéré comme une question de santé publique. Il serait inconcevable qu’une commune de près de 30 000 habitants comme Lambersart se prive d’un tel équipement, utilisé quotidiennement par environ 2 000 écoliers, sans compter les collégiens. L’apprentissage de la natation reste malheureusement insuffisant dans certaines parties du pays, comme en témoignent les récentes noyades tragiques, avec 40 morts recensés en France depuis le 18 juin. Grâce à la piscine municipale, environ 92 % des enfants lambersartois savent nager en entrant au collège, un taux bien supérieur à la moyenne nationale (66 %), et même à des villes comme Marseille (45 %). À la sortie de la 6e, ce taux atteint 83 % en France. Pendant les confinements liés à la pandémie de Covid-19, la piscine de Lambersart a été l’une des rares de la Métropole à rester ouverte pour les publics en souffrance sur ordonnance, ainsi que pour les pompiers de Lomme et les CRS de la direction zonale basée à Lambersart. Depuis le début du premier mandat de l’équipe municipale, l’ouverture au public a été maintenue sans réduire les créneaux réservés aux associations. Par ailleurs, en raison de la canicule annoncée, la piscine sera exceptionnellement ouverte en soirée les jours suivants, avec des horaires élargis de 18 h 15 à 21 h 30. Le savoir-nager nécessite des bassins adaptés à son apprentissage. En France, le ratio est d’un bassin pour 10 000 habitants, tandis qu’il n’est que d’un bassin pour 39 000 habitants dans la Métropole Européenne de Lille (MEL), soit quatre fois moins. La situation est encore plus critique dans la couronne nord-ouest, où une véritable zone blanche existe entre Armentières, Lomme et Lambersart. Depuis la fermeture des piscines voisines, la commune est très sollicitée pour accueillir les écoliers et les associations de Saint-André, Verlinghem et Lompret. Chaque fermeture de piscine entraîne de nombreuses demandes d’utilisation de la piscine de Lambersart, notamment avec la fermeture prochaine de la piscine Max-Dormoy, même si la piscine Camille-Muffat prendra le relais mi-juillet. L’accès à un bassin à proximité est une priorité. Le projet ne vise pas la construction d’un équipement pharaonique, mais d’un bassin fonctionnel de 25 mètres, éventuellement accompagné d’un petit bassin adjacent, et non d’un complexe de loisirs aquatiques coûteux. Le montant évoqué de 25 millions d’euros semble surestimé. La commune a officiellement postulé au « Plan Piscine 2 » le 19 mai dernier, avec une réponse reçue le 3 juin indiquant que le pôle Développement territorial et social avait été saisi pour examiner la demande. Ce plan permettrait de couvrir 70 % des frais de construction du nouveau bassin et 50 % des coûts de fonctionnement, partagés à parts égales entre la commune et la MEL. Le reste à charge pour la ville serait ainsi fortement réduit par rapport aux estimations initiales. Ne pas saisir cette opportunité reviendrait à reporter une dépense inévitable, étant donné l’état de l’équipement actuel, tout en laissant d’autres communes bénéficier des investissements métropolitains. Le savoir-nager impose également une continuité dans l’accès à la piscine de Lambersart, afin d’éviter toute carence dans l’apprentissage de la natation pour les enfants, un enjeu encore aggravé par les conséquences de la pandémie de Covid-19. La rénovation complète de la piscine actuelle pour en faire une version modernisée coûterait autant qu’une construction neuve, car il faudrait presque tout remplacer. Une telle opération entraînerait par ailleurs une fermeture de l’équipement pendant deux ans, posant la question de l’accueil des enfants dans des piscines déjà saturées. Les solutions alternatives, comme un déplacement vers la piscine des Weppes à Herlies, ne sont pas viables en journée sans recourir à des moyens de transport peu écologiques. Certaines communes de la MEL ont fait le choix de fermer leurs piscines, une politique que Lambersart ne souhaite pas reproduire. Les communes de Lompret et Verlinghem ont validé un accord de principe pour une gestion intercommunale de la future piscine, justifiant le choix de son emplacement à proximité de la salle de sport Norbert-Ségard, sur le site de l’actuel caniparc. La piscine actuelle ne sera fermée qu’une fois le nouvel équipement pleinement opérationnel, un point essentiel du projet. Ce projet de nouvelle piscine a été longuement mûri par la majorité municipale depuis près de deux ans. Il ne se fera pas au détriment des réparations des autres équipements municipaux, déjà inscrites au plan pluriannuel d’investissement et menées en parallèle. Une piscine construite dans les années 1970 n’a rien de comparable avec un équipement conçu 60 ans plus tard, intégrant des technologies modernes : récupération de chaleur, filtration performante, meilleure isolation, réduction de la consommation d’eau et production photovoltaïque. L’investissement public métropolitain et communal ne constituera pas une dépense inutile, mais permettra de poursuivre une politique essentielle : offrir un apprentissage de la natation de qualité au plus grand nombre d’enfants.

M. Nicolas Burlion complète la réponse de M. Hubert en abordant les aspects liés à la circulation, au stationnement et à d’autres enjeux du projet de piscine. Il précise que le projet envisagé est similaire à la piscine actuelle et ne vise pas la construction d’un équipement démesuré susceptible de déstabiliser la commune. L’expérience de la piscine existante peut servir de référence. Actuellement, la piscine ne pose aucun problème de stationnement ou de circulation, malgré sa localisation dans un secteur fréquenté, à proximité de la poste, d’un EHPAD, de la salle Malraux, d’une maison de retraite, de la salle de sport, du Béguinage et des
habitations. Une vérification a été effectuée concernant le nombre de places de stationnement à proximité immédiate de la piscine Tournesol : environ 30 places sont disponibles, et le fonctionnement actuel est satisfaisant. Ces éléments permettent d’envisager sereinement

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